Communiqué | Paris, le 11 août 2026 

L’Association des Anesthésistes Libéraux (AAL), syndicat représentatif des médecins anesthésistes-réanimateurs libéraux, demande au ministère de la Santé de clarifier en urgence les conséquences de l’arrêté du 26 juin 2026 fixant la liste des actes et soins pouvant être réalisés par les infirmiers diplômés d’État, notamment en ce qui concerne l’extubation des patients en salle de surveillance post-interventionnelle (SSPI). 

UNE INCERTITUDE RÉGLEMENTAIRE MAJEURE 

À l’article 1er, III, l’arrêté autorise les infirmiers diplômés d’État (IDE) à assurer les soins d’une personne intubée ainsi que l’aspiration des sécrétions, mais prévoit parallèlement le « changement et retrait de sondes à oxygène, gastriques, vésicales, rectales […] », tout en excluant explicitement « la sonde d’intubation ». 

Cette rédaction soulève une question majeure : doit-elle être interprétée comme interdisant désormais aux IDE non IADE de procéder à l’extubation d’un patient en SSPI ? 

DES ORGANISATIONS ÉPROUVÉES POTENTIELLEMENT REMISES EN CAUSE 

Une telle interprétation remettrait en cause des organisations éprouvées. Jusqu’à présent, dans de nombreux établissements, des IDE de SSPI spécifiquement formés peuvent procéder à l’extubation de patients sélectionnés, sur décision médicale, dans le cadre de protocoles établis et avec la disponibilité sans délai d’un médecin anesthésiste-réanimateur. 

Cette organisation est conforme à une position publiée par la Société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR), réaffirmée publiquement en 2025, avant la publication de l’arrêté du 26 juin 2026. 

Il apparaît dès lors paradoxal qu’un texte destiné à reconnaître et à élargir les compétences infirmières puisse, par une exclusion nouvelle et explicite, introduire une incertitude susceptible de remettre en cause cette pratique encadrée. 

UN IMPACT POTENTIEL IMPORTANT SUR LE FONCTIONNEMENT DES BLOCS OPÉRATOIRES 

Faute d’un nombre suffisant d’infirmiers anesthésistes diplômés d’État (IADE) dans les SSPI, les médecins anesthésistes-réanimateurs pourraient être contraints d’intervenir personnellement pour chaque extubation ou de maintenir les patients plus longtemps en salle d’intervention jusqu’à leur extubation. 

Une extubation systématique en salle d’intervention augmenterait le temps d’occupation des blocs et pourrait réduire leur capacité opératoire. 

Selon les spécialités et les organisations, une salle permettant aujourd’hui de réaliser cinq interventions au cours d’une vacation en demi-journée pourrait, par exemple, ne plus en permettre que quatre si chaque patient devait être maintenu en salle jusqu’à son extubation. 

AU-DELÀ DU BLOC, UN ENJEU D’ACCÈS AUX SOINS 

À l’échelle nationale, cette question dépasse donc largement l’organisation interne des services d’anesthésie. 

Une diminution de la capacité opératoire pourrait entraîner davantage d’interventions reportées, allonger les délais de certaines chirurgies carcinologiques et réduire la capacité des établissements à prendre en charge les urgences chirurgicales, notamment les fractures du col du fémur. 

La sécurité d’un patient ne peut être envisagée indépendamment de la perte de chance potentielle pour ceux qui attendent d’accéder au bloc opératoire. 

L’AAL DEMANDE UNE CLARIFICATION SANS DÉLAI 

L’AAL a saisi le ministère de la Santé et demande qu’une clarification intervienne rapidement afin de sécuriser à la fois les patients, les médecins anesthésistes-réanimateurs, les équipes de SSPI et les établissements de santé. 

Trois questions appellent une réponse sans délai : 

  1. L’exclusion de la sonde d’intubation du champ des sondes pouvant être retirées par un IDE doit-elle être interprétée comme interdisant l’extubation par les IDE non IADE en SSPI ? 
  2. Si telle n’était pas l’intention du texte, le ministère est-il prêt à modifier ou à préciser l’arrêté afin de sécuriser juridiquement les organisations existantes ? 
  3. Si cette restriction est volontaire, quelle étude d’impact a été réalisée et quels moyens humains et financiers seront accordés aux établissements pour adapter leur organisation ? 

Un texte réglementaire a vocation à préciser et à sécuriser les pratiques. Il ne peut laisser persister une incertitude susceptible de fragiliser des organisations éprouvées et, au-delà, l’accès des patients au bloc opératoire. 

Le Bureau de l’AAL, syndicat représentatif des médecins anesthésistes-réanimateurs libéraux. 

Contact Presse : Christine Morges | 06 08 25 67 76 | actu@christinemorges.fr 

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